À propos

Lancées à l’automne 2015 par l’Université de Montréal, les Conférences de la montagne visent à offrir un accès à la connaissance au plus grand nombre.

Ces conférences publiques ouvertes à tous et organisées sur le campus de la montagne, réunissent,  autour de discussions liées à des enjeux de société, intellectuels, scientifiques et personnalités de renommée internationale.

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« Nous avons eu l’idée d’inviter sur notre campus des personnalités qui comptent, de leur demander de s’exprimer sur des enjeux de société actuels et d’inviter le public à y assister. Parce que c’est aussi ça l’Université de Montréal : un campus ouvert à tous, un lieu de partage. »

Guy Breton, Recteur de l’Université de Montréal

Les conférences

La quête du bonheur

  • Jeudi 10 octobre 2019, de 18h à 20h
  • Amphithéâtre Ernest-Cormier (K500) du Pavillon Roger-Gaudry – 2900, boulevard Édouard-Montpetit

Qui ne cherche pas son bonheur? Qui ne souhaite pas vivre dans une société heureuse? Et pourtant, il n’est pas évident de savoir ce qui contribue au bonheur. Faut-il privilégier le pur plaisir ou bien aussi se soucier de la santé ou de la connaissance? Les réponses ne sont pas simples à trouver parce que la question de savoir en quoi consiste le bonheur est controversée. La problématique de la quête du bonheur est peut-être aussi ancienne que la philosophie, mais elle bénéficie d’un regain d’intérêt, notamment en psychologie et en économie. Les conférenciers invités contribueront, chacun à leur manière, à clarifier les enjeux de cette réflexion. Pour le bonheur de tous!

Cette conférence sera enregistrée et diffusée sur Internet. Les personnes figurant sur la vidéo renoncent à toute réclamation découlant de la captation ou de la diffusion de leur image.

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Conférence organisée en partenariat avec

Les conférenciers

Marc Fleurbaey

Biographie

Marc Fleurbaey est économiste, professeur à l’Université de Princeton (Woodrow Wilson School et Centre for Human Values) et ancien membre du Collège d’études mondiales (de la Fondation Maison des sciences de l’homme de Paris). Diplômé de l’École nationale de la statistique et de l’administration économique en 1986, il est titulaire d’un doctorat en économie de l’École des hautes études en sciences sociales (Paris). Il a travaillé à l’Institut national de la statistique et des études économiques (Paris), à l’Université de Cergy-Pontoise, à l’Université de Pau, au Centre national de la recherche scientifique et à l’Université Paris Descartes. Il a également été professeur invité à l’Université d’Oxford, l’Université catholique de Louvain et la London School of Economics.

Ses recherches ont contribué à la théorie du choix social et de la répartition équitable avec des applications à la politique de la santé, l’éducation, la fiscalité des revenus, la lutte contre les changements climatiques et la construction d’indicateurs de bien-être. Il est coauteur de Beyond GDP (avec Didier Blanchet, Oxford University Press, 2013) et A Theory of Fairness and Social Welfare (avec François Maniquet, Cambridge University Press, 2011) et il a publié Fairness, Responsibility and Welfare (Oxford University Press, 2008). Il est éditeur de la revue Social Choice and Welfare ainsi qu’éditeur associé de Philosophy and Public Affairs et de Politics, Philosophy and Economics.

Marc Fleurbaey a été membre de la commission Stiglitz-Sen-Fitoussi sur la mesure des performances économiques et du progrès social, membre du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat et l’un des initiateurs du Panel international sur le progrès social (et auteur principal de son rapport, A Manifesto for Social Progress, Cambridge University Press, 2018). Aujourd’hui, il est membre du Comité des politiques de développement des Nations unies.

Résumé de la conférence

Le bonheur oui, mais pas n’importe comment

L’argent ne fait pas le bonheur, dit-on, et la recherche effrénée de la richesse dans la plupart des économies du monde semble souvent irrationnelle, surtout lorsqu’elle détruit l’environnement dont dépend la survie de notre espèce. Pourtant, il serait dangereux d’adopter une mesure du « bonheur national brut », comme nouvelle boussole, sans précaution. En effet, les mesures du bonheur subjectif ne sont pas des indicateurs fiables du bien-être réel de la population. Elles sont trop stables dans le long terme et décrivent mal les inégalités. Que faire? Il est possible d’estimer les conditions objectives dans lesquelles vivent les gens tout en pondérant les divers aspects de la vie d’une façon qui tienne compte des priorités des individus. De la sorte, on évalue bien les progrès objectifs réalisés sans négliger l’importance des éléments de la qualité de vie qui ne proviennent pas de la production marchande et sont absents du PIB, comme la santé ou l’inclusion sociale.

Dan Haybron

Biographie

Titulaire de la chaire Theodore R. Vitali C.P. de philosophie à l’Université de Saint Louis, au Missouri, Dan Haybron a obtenu son doctorat en philosophie à l’Université Rutgers. Ses recherches portent sur l’éthique et la philosophie de la psychologie, sous l’angle particulier du bien-être, ainsi que sur des thèmes apparentés en philosophie politique et il a publié de nombreux articles sur ces questions. En 2015, la John Templeton Foundation et l’Université de Saint Louis lui ont accordé une subvention de 5,1 millions de dollars pour entreprendre une étude de trois ans relative à l’intégration des recherches sur le bonheur et le bien-être (Happiness and Well-Being: Integrating Research Across the Disciplines). Dan Haybron est l’auteur de The Pursuit of Unhappiness: The Elusive Psychology of Well-Being (Oxford University Press, 2008) et de Happiness: A Very Short Introduction (Oxford University Press, 2013).

Résumé de la conférence

Les individus peuvent, à titre personnel, faire beaucoup pour devenir plus heureux. Mais peut-être pas autant qu’on a tendance à le croire. Notre environnement est en effet extrêmement important, façonnant notre état d’esprit et nos choix de multiples façons, souvent inconsciemment. Dans une large mesure, la qualité de vie est une chose que nous devons conquérir ensemble, par exemple en construisant une meilleure “infrastructure de style de vie”.

Marie-France Raynault

Biographie

Marie-France Raynault amorce sa carrière de médecin au CLSC du Centre-Sud de Montréal, où elle exerce la médecine familiale parallèlement à une pratique hospitalière. Elle étudie ensuite l’épidémiologie à l’Université McGill, se spécialise en médecine communautaire et se joint à l’équipe du département de médecine préventive de l’Hôpital Saint-Luc, puis de l’Institut universitaire de médecine sociale et préventive de Lausanne (Suisse).

À son retour, en 1999, elle fonde l’Observatoire montréalais des inégalités sociales et de la santé, un outil d’aide à la décision en matière de politiques et d’interventions publiques pour réduire les inégalités sociales de la santé, à la Direction de santé publique de Montréal. En 2002, elle devient directrice du Département de médecine sociale et préventive de l’Université de Montréal.

Marie-France Raynault est maintenant à la tête du Centre de recherche Léa-Roback sur les inégalités sociales de santé de Montréal. Elle oriente sa pratique de médecin spécialiste sur les interventions de santé publique susceptibles de réduire les inégalités sociales de santé. Ses recherches portent principalement sur les clientèles vulnérables et la pauvreté, les inégalités sociales de santé et les politiques publiques.

Résumé de la conférence

La santé, le bonheur, l’argent et la politique

Les travaux de recherche sur les liens entre le bonheur (happiness) et la santé sont relativement récents, mais les chercheurs et les intervenants de la santé publique mesurent depuis des décennies la détresse et le bien-être psychologiques dans la population générale. Ces observations montrent des relations étroites entre l’état de santé physique et les indicateurs de « mal-être ». Elles mettent aussi en évidence un gradient social important. Des inégalités sont déjà présentes en bas âge et vont en s’amplifiant tout au long de la vie.

Une courte vidéo présentera les données montréalaises en comparant la situation au premier et au dernier quintile de revenu. Les interventions de santé publique visent à diminuer ces écarts principalement en agissant sur les conditions de vie des personnes. La promotion de meilleures politiques publiques est l’avenue privilégiée. Les assises scientifiques sur lesquelles cette approche repose seront brièvement exposées.

Si la quête du bonheur n’est pas à l’ordre du jour de la santé publique, dont la mission sociale est « de prévenir les maladies, de prolonger la vie et d’améliorer la santé et la vitalité mentale et physique des individus par le moyen d’une action collective concertée »[1], on peut avancer que ses multiples actions visent par contre à minimiser les déterminants sociaux du mal-être dans la population.

[1] Organisation mondiale de la santé, 1952.

Modératrice

Christine Tappolet

Biographie

Christine Tappolet est professeure titulaire au Département de philosophie de l’Université de Montréal, ainsi que directrice du Centre de Recherche en Éthique (CRÉ) et du Groupe de Recherche Internuniversitaire sur la Normatitivé (GRIN). Ses intérêts de recherche concernent l’éthique et, plus particulièrement, la psychologie morale, soit, les questions se situant à l’intersection de l’éthique philosophique et de la psychologie. Elle est reconnue à l’international pour ses travaux en philosophie des émotions. Au cours de sa carrière, elle a fait paraître près d’une centaine d’articles et de chapitres, d’une dizaine d’ouvrages collectifs ainsi que trois livres, Emotions et valeurs (PUF, 2000), Les Concepts de l’éthique : Faut-il être conséquentialiste ?, co-écrit avec Ruwen Ogien (Hermann, 2009) et Emotions, Values, and Agency (OUP, 2018). Un de ses projets de recherche en cours porte sur le rôle des émotions et plus généralement des états affectifs au sein du bonheur.

Informations pratiques

L’accès aux Conférences de la montagne est gratuit.

Toutes les Conférences sont organisées au sein de l’amphithéâtre Ernest-Cormier (K-500) du pavillon Roger-Gaudry de l’Université de Montréal, situé au 2900, boulevard Édouard-Montpetit.

Accès par transports en commun :

Compte tenu du nombre limité de places de stationnement, nous vous suggérons fortement d’utiliser les transports en commun. Le pavillon Roger-Gaudry est situé à proximité de la station de métro Université-de-Montréal et est accessible depuis les lignes de bus 51, 119, 129 et 165.

Calculez votre itinéraire sur le site de la STM.

Par ailleurs, des taxis sont en attente sur le boulevard Édouard-Montpetit, en face de la station de métro du même nom.

Accès par voiture :

Des stationnements sont disponibles sur le campus. Le garage Louis-Colin est situé à environ 10 minutes de marche de l’amphithéâtre. Cependant, veuillez prévoir plus de temps pour vos déplacements, en raison de travaux sur le chemin de la Tour et d’une grande affluence aux abords des entrées du stationnement Louis-Colin (entrée par le boulevard Édouard-Montpetit, à l’angle de l’avenue Louis-Colin ou entrée par le chemin Queen-Mary, à l’angle de l’avenue Decelles).

La stationnement dans la cour d’honneur située devant le pavillon Roger-Gaudry est interdit. Cependant, un débarcadère sera accessible pour les personnes à mobilité réduite.

Consultez le plan complet des stationnements sur le campus.

Nous joindre

Vous avez une question au sujet des Conférences de la Montagne?  Écrivez-nous.

Vous êtes représentant d’un média et souhaitez assister à la prochaine conférence? Merci de prendre contact avec l’équipe relations médias de l’Université de Montréal.