À propos

Lancées à l’automne 2015 par l’Université de Montréal, les Conférences de la montagne visent à offrir un accès à la connaissance au plus grand nombre.

Ces conférences publiques ouvertes à tous et organisées sur le campus de la montagne, réunissent,  autour de discussions liées à des enjeux de société, intellectuels, scientifiques et personnalités de renommée internationale.

photo_recteur
« Nous avons eu l’idée d’inviter sur notre campus des personnalités qui comptent, de leur demander de s’exprimer sur des enjeux de société actuels et d’inviter le public à y assister. Parce que c’est aussi ça l’Université de Montréal : un campus ouvert à tous, un lieu de partage. »

Guy Breton, Recteur de l’Université de Montréal

Les conférences

Le développement durable : une utopie ?

  • Mardi 30 octobre 2018, de 18h à 20h
  • Amphithéâtre Ernest-Cormier (K500) du Pavillon Roger-Gaudry – 2900, boulevard Édouard-Montpetit

En 1987, l’Organisation des Nations unies tirait le signal d’alarme : l’humanité ne pouvait plus continuer à puiser dans les ressources de la planète sans penser au lendemain. Il fallait le plus rapidement possible adopter une approche de développement durable qui, en cessant d’opposer économie, développement social et protection de l’environnement, introduisait une volonté d’équité intergénérationnelle pour assurer la pérennité des ressources sans empêcher l’amélioration générale de la qualité de vie.
Trente ans plus tard, si la pauvreté mondiale a considérablement reculé, les changements climatiques s’accélèrent, la biodiversité s’étiole, l’ensemble des indicateurs environnementaux sont au rouge. Et l’on ne semble pas avoir appris de la crise financière de 2008. Doit-on en conclure que le concept de développement durable était une utopie ou une façon de cacher notre inaction? Doit-on suivre d’autres voies?

Cette conférence sera enregistrée et diffusée sur Internet. Les personnes figurant sur la vidéo renoncent à toute réclamation découlant de la captation ou de la diffusion de leur image.

Conférence organisée en partenariat avec

// COMPLET //

Vous êtes nombreux à vouloir assister à la conférence sur le développement durable. Merci de votre grand intérêt, l’événement affiche maintenant complet!

Rassurez-vous, il sera possible de regarder la conférence en direct sur la page Facebook de l’UdeM.

Vous pouvez aussi vous inscrire sur notre liste d’attente. Si une place se libère, vous en serez informé(e).

Inscription sur la liste d'attente

Les conférenciers

Bernard Chevassus-au-Louis

Bernard Chevassus-au-Louis

Biographie

Bernard Chevassus-au-Louis, 69 ans, normalien biologiste, docteur en sciences, préside l’association Humanité et biodiversité. Il a mené sa carrière de chercheur à l’Institut national de la recherche agronomique dans le domaine de l’aquaculture et des milieux aquatiques et a été directeur général de cet organisme.

Il a été président du Muséum national d’histoire naturelle ainsi que du conseil d’administration de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments. Il a aussi occupé les fonctions de vice-président de la Commission du génie biomoléculaire, de président du conseil scientifique du Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement et de président du conseil scientifique de l’Agence de l’eau Seine-Normandie, et il a présidé le groupe de travail du Centre d’analyse stratégique sur la valeur économique de la biodiversité. Il a récemment publié Voir la vie autrement : éloge de la biodiversité aux Éditions de l’Aube.

Résumé de la conférence

Préambule :
Nous rappellerons tout d’abord que la distinction entre croissance économique et développement, en insistant sur les notions de bien-être et de développement humain.

  1. Les big data de la biodiversité

Contrairement à une idée souvent avancée, la terre n’est pas un système fermé. Elle reçoit en permanence un flux d’énergie de notre étoile dont une petite partie est captée par la biodiversité depuis 3 milliards d’années.

Ce « réacteur » que constitue la biodiversité transforme cette énergie en matière, en énergie assimilable par les humains et SURTOUT en informations, source d’innovations potentiels.

  1. Développement moyen et inégalité

On observe aujourd’hui la fin du « mythe » des 30 glorieuses qui reliait croissance des richesses et réduction des inégalités. Il faut donc s’attaquer au problème des inégalités sans rêver d’une poursuite infinie de la croissance économique.

Pour cela, les solutions fondées sur la naturepeuvent être moins inégalitaires et s’appuyer davantage sur les compétences humaines

  1. Les limites du modèle des trois capitaux

Le « modèle » des trois capitaux (économique, socio-culturel, environnemental) focalise les débats sur la notion de « substituabilité » (forte ou faible), c’est-à-dire que le développement d’un de ces capitaux se fait en « prélevant » dans un autre.

On retrouve à nouveau un modèle sous-jacent de « système fermé », alors que l’on peut avoir avec la biodiversité des stratégies de co-développement (entre capital naturel et capital humain ou capital économique) et nous en donnerons des exemples.

Thomas Muclair

Thomas Mulcair

Biographie

Thomas Mulcair est avocat, professeur à l’Université de Montréal, fellow au Centre d’études et de recherches internationales de l’UdeM et commentateur politique. Élu en tant que député fédéral du Nouveau Parti démocratique (NPD) lors d’une élection partielle en 2007 (Outremont), il est devenu, dès l’année suivante, le premier député néo-démocrate élu au Québec à une élection générale. Nommé lieutenant québécois de son parti, il a été en 2011 l’un des artisans de la « vague orange » qui a permis au NPD de remporter les trois quarts des sièges au Québec et de devenir ainsi, pour la première fois de son histoire, l’opposition officielle à la Chambre des communes. En 2012, il a été élu chef du parti.

Avant de se lancer en politique fédérale, Thomas Mulcair a siégé, de 1994 à 2007, à l’Assemblée nationale du Québec comme député libéral de Chomedey (Laval). De 2003 à 2006, il a été ministre de l’Environnement du Québec au sein du gouvernement libéral de Jean Charest. S’inspirant de l’Europe, il est l’auteur d’une loi sur le développement durable considérée, encore aujourd’hui, comme avant-gardiste en Amérique du Nord.

Thomas Mulcair a orienté toute sa carrière vers le service public. Il a notamment assumé les fonctions de président de l’Office des professions du Québec (1987-1993), instance gouvernementale règlementant les ordres professionnels au Québec, et de membre dirigeant du Conseil supérieur de la langue française. Depuis janvier 2018, M. Mulcair est président du conseil d’administration du Jour de la Terre.

Résumé de la conférence

Développement durable: une question de justice et de justesse? 

Est-ce vraiment utopique de croire que notre génération peut protéger notre milieu de vie, notre niveau de vie et notre qualité de vie sans compromettre les droits des générations futures?

L’obligation de tenir compte des effets environnementaux, économiques et sociaux de chaque décision gouvernementale, commerciale ou personnelle est admise au niveau constitutionnel, législatif et moral.

Et pourtant…malgré les signaux d’alarme depuis le début de l’ère industrielle, nous continuons de porter atteinte autant à notre propre santé qu’à la biodiversité de la planète.

Dans un monde où l’idéal démocratique – le modèle où la population décide – est de plus en plus mis à mal, la question clé devient: qui décide?

De Rachel Carson et son Silent Spring à Rio et Gro Harlem Brundtland en passant par Kyoto et Paris, le public a compris depuis longtemps l’importance d’agir. Tandis que les gouvernements et les entreprises ont compris depuis longtemps l’intérêt de donner l’impression d’agir.

Et pourtant…Le Protocole de Montréal, ce rare exemple d’un traité international en environnement qui a été bien conçu, bien accepté et bien appliqué pour contrer les substances appauvrissant la couche d’ozone, a été bafoué sans vergogne par de nombreuses entreprises en Chine au cours de la dernière année.

Au-delà des théories des uns et les promesses rompues des autres, comment faire en sorte que le développement durable soit plus qu’une feuille de vigne pour cacher l’inaction?

Si les traités internationaux, la législation et les constitutions demeurent les meilleurs espoirs; la question demeure: qui est habilité pour rendre tout ça réel, pour l’appliquer?

En l’absence de la primauté du droit, qui décide?

Il y a un siècle, les inégalités et les injustices envers la classe ouvrière ont mené à des ajustements forcés, voire des bouleversements de l’ordre établi. Sera-t-il possible de résoudre les inégalités criantes entre les générations sans que de tels bouleversements soient à nouveau à l’ordre du jour?

Lucie Sauvé

Lucie Sauvé

Biographie

Lucie Sauvé est professeure titulaire au Département de didactique de l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Elle est également directrice du Centre de recherche en éducation et formation relatives à l’environnement et à l’écocitoyenneté et membre de l’Institut des sciences de l’environnement de l’UQAM. Elle dirige la revue internationale Éducation relative à l’environnement : regards, recherches, réflexions et elle siège au comité de programme du Programme court de 2e cycle en éducation relative à l’environnement de l’UQAM.

Depuis 2011, elle coordonne le Collectif scientifique sur la question du gaz de schiste au Québec. Ses principaux domaines de recherche ont trait aux enjeux de la formation des éducateurs et à la participation communautaire en ce qui concerne l’environnement, à l’éducation scientifique et à l’éducation en matière de santé environnementale. Son expérience professionnelle s’appuie aussi sur 20 années de coopération internationale en Amérique latine (prix de l’Association des universités et collèges du Canada et de l’Agence canadienne de développement international).

Lucie Sauvé a remporté le Prix de reconnaissance de l’Association des doyens, doyennes et directeurs, directrices pour l’étude et la recherche en éducation au Québec pour l’excellence de ses contributions en éducation (2009) et le prix Carrière en recherche de la Faculté des sciences de l’éducation de l’UQAM (2016). En 2015, l’Université de Veracruz (Mexique) lui a décerné un doctorat honoris causa pour souligner l’engagement écosocial qui caractérise ses travaux de recherche et son enseignement.

Résumé de la conférence

Le développement durable : un compromis, une méprise

Promu par les instances internationales à vocation économique, le développement durable s’est déployé comme un phénomène culturel d’une rare ampleur, porté sur la déferlante de la mondialisation dont il est à la fois produit et moteur. Malgré les limites et les dérives qui sont associées à cette habile stratégie de compromis, il a été difficile jusqu’ici de porter un regard critique sur ce credo contemporain sans soulever des inconforts voire des réactions vives au sein des communautés de recherche et de pratique qui y ont trouvé une axiologie, un socle de signification, une légitimité, voire un pilier identitaire pour y arrimer leurs initiatives. En particulier, l’injonction du développement durable dans les milieux d’éducation formelle tente depuis 20 ans d’imposer un certain vocabulaire et de réorienter les intentions pédagogiques. Dans certains contextes, il apparaît désormais délicat de remettre en question les fondements d’une telle imprégnation. Et pourtant, n’importe-t-il pas de stimuler et de nourrir le débat pour garder bien vive notre distance critique à l’égard des choix fondamentaux qui déterminent notre rapport au monde? Évitant de confondre le programme politico-économique du développement durable avec un projet de société, quels autres cadres de référence pourrait-on adopter ou construire pour soutenir l’émergence d’une écosociété? Est-il possible de « faire avec » le développement durable et de « faire ailleurs » à la fois?

Modérateur

Normand Mousseau

Normand Mousseau

Biographie

Normand Mousseau est professeur de physique à l’Université de Montréal et directeur de l’Institut de l’énergie Trottier à Polytechnique Montréal. Chercheur de renommée mondiale, il s’intéresse à l’évolution des matériaux complexes tels que le verre, les alliages métalliques et les protéines. Il suit également de près la question énergétique et des ressources naturelles. Très présent dans les médias, il est l’auteur de plusieurs livres sur le sujet, dont Au bout du pétrole : tout ce que vous devez savoir sur la crise énergétique (2008) et La révolution des gaz de schiste (2010). En 2013, il a coprésidé la Commission sur les enjeux énergétiques du Québec. De 2011 à 2017, il a produit et animé l’émission de vulgarisation scientifique hebdomadaire La grande équation, diffusée sur les ondes de Radio VM ainsi que sur iTunes. Son plus récent ouvrage, Gagner la guerre du climat : douze mythes à déboulonner est sorti en 2017 aux Éditions du Boréal. En 2017-2018, il a piloté l’initiative Le climat, l’État et nous avec une vingtaine d’experts québécois dans le but de proposer une nouvelle gouvernance environnementale pour le Québec.

Informations pratiques

L’accès aux Conférences de la montagne est gratuit.

Toutes les Conférences sont organisées au sein de l’amphithéâtre Ernest-Cormier (K-500) du pavillon Roger-Gaudry de l’Université de Montréal, situé au 2900, boulevard Édouard-Montpetit.

Accès par transports en commun :

Compte tenu du nombre limité de places de stationnement, nous vous suggérons fortement d’utiliser les transports en commun. Le pavillon Roger-Gaudry est situé à proximité de la station de métro Université-de-Montréal et est accessible depuis les lignes de bus 51, 119, 129 et 165.

Calculez votre itinéraire sur le site de la STM.

Par ailleurs, des taxis sont en attente sur le boulevard Édouard-Montpetit, en face de la station de métro du même nom.

Accès par voiture :

Des stationnements sont disponibles sur le campus. Le garage Louis-Colin est situé à environ 10 minutes de marche de l’amphithéâtre. Cependant, veuillez prévoir plus de temps pour vos déplacements, en raison de travaux sur le chemin de la Tour et d’une grande affluence aux abords des entrées du stationnement Louis-Colin (entrée par le boulevard Édouard-Montpetit, à l’angle de l’avenue Louis-Colin ou entrée par le chemin Queen-Mary, à l’angle de l’avenue Decelles).

La stationnement dans la cour d’honneur située devant le pavillon Roger-Gaudry est interdit. Cependant, un débarcadère sera accessible pour les personnes à mobilité réduite.

Consultez le plan complet des stationnements sur le campus.

Nous joindre

Vous souhaitez être tenu au courant des prochaines Conférences de la Montagne ? Inscrivez-vous ici à notre liste d’envoi.

Vous avez une question au sujet des Conférences de la Montagne?  Écrivez-nous.

Vous êtes représentant d’un média et souhaitez assister à la prochaine conférence? Merci de prendre contact avec l’équipe relations médias de l’Université de Montréal.