Conférences passées

La musique, reflet de nos sociétés?

  • Mardi 20 mars 2018, de 18h à 20h
  • Amphithéâtre Ernest-Cormier (K500) du Pavillon Roger-Gaudry – 2900, boulevard Édouard-Montpetit

La musique est omniprésente dans nos vies. Elle est universelle et existe depuis des millénaires. Toutefois, sa consommation a bien changé avec le temps. La technologie offre aujourd’hui plusieurs moyens d’écouter de la musique, peu importe l’endroit et le moment, et elle assure sa diffusion sur la planète entière.

Dans notre société moderne, où l’offre est démesurée et où il faut séduire à tout prix, l’art passe souvent au second plan au profit de la productivité. Dans ce contexte, comment les artistes peuvent-ils préserver leur liberté et assurer leur créativité dans une société où il faut sans cesse se vendre? Comment redonner à la musique la place qu’elle mérite

Finalement, que la musique nous dit-elle de nos sociétés?

À l’occasion de la 5e Conférence de la montagne, François Girard, réalisateur et metteur en scène, Georges Leroux, professeur émérite au Département de philosophie de l’UQAM, et Lorraine Vaillancourt, professeure à la Faculté de musique de l’UdeM, ont discuté de la place de la musique dans notre société.

Les débats étaient modérés par Jean-Jacques Nattiez, professeur émérite de l’UdeM.

Conférence organisée en partenariat avec

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Les conférenciers

François Girard

Biographie

François Girard s’est fait connaître à la fois comme cinéaste et comme metteur en scène à l’opéra et au théâtre. En 1993, son long métrage 32 films brefs sur Glenn Gould connaît un succès international retentissant. Cinq ans plus tard, Le violon rouge, récipiendaire d’un Oscar pour la meilleure bande sonore originale, consacre le cinéaste comme une figure d’importance du cinéma international. Ces deux longs métrages lui ont valu 10 prix Génies et 9 prix Jutra. En 2007, il réalise Soie, d’après le roman d’Alessandro Baricco, qui récolte 4 prix Jutra. Et en 2014 il réalise Le virtuose (Boychoir), qui met en vedette Dustin Hoffman. Son tout dernier film, Hochelaga, terre des âmes, a représenté le Canada dans la course pour l’Oscar du meilleur film en langue étrangère. Parmi ses autres réalisations, soulignons le film de concert Peter Gabriel’s Secret World, lauréat d’un prix Grammy.

En 1997, François Girard fait ses débuts à l’opéra avec la mise en scène d’Œdipus Rex / Symphonie de Psaumes, de Stravinski/Cocteau, et Siegfried, de Wagner, à la Canadian Opera Company. Il a ensuite dirigé Lost Objects, de Lang/Wolfe/Gordon, à la Brooklyn Academy of Music et Le vol de Lindberg / Les sept péchés capitaux, de Weill/Brecht, ainsi qu’Émilie, de Saariaho/Maalouf, à l’Opéra de Lyon. Parsifal, de Richard Wagner, sa plus récente mise en scène au Metropolitan Opera de New York, a remporté un succès critique exceptionnel.

Au théâtre, François Girard a dirigé Novecento, d’Alessandro Baricco, Le procès, de Franz Kafka, et Le fusil de chasse, de Yasushi Inoué. Plus récemment, il a signé En attendant Godot, de Samuel Beckett. Il est en outre triple récipiendaire du Herald Angel Award pour la meilleure production au Festival international d’Édimbourg.

Enfin, il a conçu et mis en scène, pour le Cirque du Soleil, Zed, le premier spectacle permanent à s’établir au Japon, et Zarkana, présenté au Radio City Music Hall de New York et au Kremlin State Palace Theatre de Moscou avant de s’installer à Las Vegas.

Jusqu’à ce jour, les projets de François Girard ont été récompensés par plus d’une centaine de prix internationaux et ont reçu la faveur du public aux quatre coins du monde.

Résumé de sa conférence

Résumé à venir

Georges Leroux

Biographie

Professeur émérite au Département de philosophie de l’Université du Québec à Montréal, où il a enseigné la philosophie grecque de 1969 à 2006, Georges Leroux est d’abord connu comme helléniste (Platon, La République, Paris, Flammarion, 2004).  Ses essais sur la musique (Partita pour Glenn Gould, Musique et forme de vie, Presses de l’Université de Montréal, 2007 et Wanderer. Essai sur le Voyage d’hiver de Franz Schubert, Nota Bene, 2011) lui ont valu plusieurs prix, notamment le Grand prix du livre de la Ville de Montréal et le Prix du Gouverneur général dans la catégorie Essais.

Au cours des dernières années, il s’est intéressé à plusieurs grands dossiers de philosophie publique, en particulier dans le domaine de la laïcité et du pluralisme (Différence et liberté. Enjeux actuels de l’éducation au pluralisme, Boréal, 2016). Il a publié récemment un livre d’entretiens avec Christian Nadeau (Entretiens, Boréal, 2017).

Il est membre de l’Académie des lettres du Québec et de la Société royale du Canada.

Résumé de sa conférence

S’il n’existe pas de société sans musique, il n’en existe aucune qui ait connu simultanément autant de musiques différentes que la nôtre. Les sociétés du passé, de la Renaissance à la modernité, ont promu la figure héroïque du musicien dans laquelle elles se reconnaissaient. Posons la question : dans quelle figure notre société veut-elle se reconnaître aujourd’hui ? Quelle musique veut-elle privilégier comme figure héroïque de la culture ? De Verdi et Wagner à Boulez, cette figure est devenue plurielle, elle s’est fragmentée et cette transformation nous laisse inquiets devant le destin de la création, la recherche d’une figure légitime absolue.

Lorraine Vaillancourt

Biographie

Chef d’orchestre et pianiste, Lorraine Vaillancourt est fondatrice et directrice musicale du Nouvel Ensemble moderne, en résidence à la Faculté de musique de l’Université de Montréal depuis 1989. Professeure titulaire à cette même faculté, elle y a dirigé également l’Atelier de musique contemporaine à partir de 1974 et jusqu’à sa retraite de l’enseignement, en 2016. Elle est régulièrement invitée par divers ensembles et orchestres tant au Canada qu’à l’étranger. Lorraine Vaillancourt a cofondé, avec les compositeurs José Evangelista, John Rea et Claude Vivier, la société de concerts montréalaise Les événements du neuf, qui a existé de 1978 à 1989. En 1990, elle a été à l’origine de la création de la revue nord-américaine Circuit, qui se consacre à la musique du 20e siècle. Présidente du Conseil québécois de la musique de 1998 à 2001, elle a ensuite siégé au conseil d’administration du Conseil des arts et des lettres du Québec jusqu’en 2006. Elle est aussi membre de la Société royale du Canada. Lorraine Vaillancourt a reçu un doctorat honoris causa de l’Université Laval en juin 2013 et elle a été désignée, en février 2016, membre de l’Ordre du Canada en reconnaissance de son apport important à la musique contemporaine. Elle a reçu, en novembre 2016, le prestigieux prix Denise-Pelletier, décerné par le gouvernement du Québec, pour son parcours artistique d’exception. En février 2018, le Conseil québécois de la musique lui a remis le prix Hommage des 21es prix Opus, soulignant son statut d’artiste incontournable du milieu de la musique et afin de couronner sa carrière.

Résumé de sa conférence

La création, en musique, comme dans tous les domaines, est une richesse, un lieu de découverte et de réflexion, une formidable invitation au voyage. Pourtant ce milieu de la création est et restera toujours fragile.

Comment préserver l’espace de liberté nécessaire pour que surgissent des œuvres nourries au savoir, inscrites dans la modernité, sans creuser la distance entre l’artiste, le créateur et son public?

Comment échapper à la dictature du divertissement, du consensus, sans grimper dans sa tour d’ivoire?

Modérateur

Jean-Jacques Nattiez

Biographie

Jean-Jacques Nattiez, professeur émérite de l’Université de Montréal, a enseigné la musicologie à sa faculté de musique de 1972 à 2013. Il est titulaire d’un doctorat sur la sémiologie musicale de l’Université de Paris 8 Vincennes–Saint-Denis. Il a été professeur invité à deux reprises au Collège de France et à la Scuola Superiore di Studi Umanistici de Bologne.

Pionnier de la sémiologie musicale, il a appliqué ses concepts sémiologiques à divers sujets : les œuvres de Wagner; la pensée musicale de Pierre Boulez; la musique des Inuits, des Aïnous, des Baganda et des Indiens Nahuas et les relations entre musique, littérature et mythe. Il est également l’auteur d’un roman, Opera, et d’une autobiographie intellectuelle, La musique, la recherche et la vie. Il publiera prochainement un ouvrage sur les problèmes théoriques de la mise en scène lyrique et il termine la rédaction d’un livre de synthèse sur la musique des Inuits et celle d’un Traité de musicologie générale.

Dans le domaine de la musique du 20e siècle, il a publié plusieurs volumes des écrits de Pierre Boulez et il a réalisé une édition critique de sa correspondance avec John Cage. Il a été le rédacteur en chef de la revue Circuit de 1990 à 1998. Il a été le directeur général d’une encyclopédie de la musique en cinq volumes publiée entre 2001 et 2005 en italien (Enciclopedia della musica) et de 2003 à 2007 sous le titre général Musiques : une encyclopédie pour le XXIe siècle.

Jean-Jacques Nattiez a reçu en 2009 la Médaille d’or du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada pour l’ensemble de ses réalisations en recherche. Il est chevalier de l’Ordre national du Québec, officier de l’Ordre du Canada et chevalier de l’Ordre des arts et des lettres de la République française.

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Le stress: notre meilleur ennemi?

  • Mardi 5 décembre 2017, de 18 h à 20 h
  • Amphithéâtre Ernest-Cormier (K500) du Pavillon Roger-Gaudry – 2900, boulevard Édouard-Montpetit

Concept défini à l’Université de Montréal par Hans Selye, le stress toucherait quotidiennement 26 % des Québécois*, soit le plus haut taux du Canada.

Au travail, dans la vie intime et même dans les médias sociaux, le stress peut prendre différentes formes. Souvent présenté de manière négative, comme une maladie ou un syndrome, il se révèle toutefois complexe et sa signification sociale et culturelle est multiple.

Ignorant les frontières entre les sciences, le concept de stress a permis de relier des évènements qui appartenaient auparavant à des univers théoriques distincts et a conduit à un dialogue nécessaire entre les divers champs disciplinaires.

À l’occasion de cette 4e Conférence de la montagne, trois professeurs de l’Université de Montréal aux thématiques de recherche complémentaires, Thierry Bardini, Sonia Lupien et Lourdes Rodriguez del Barrio, ont mis en lumière les causes et les effets du stress dans nos vies.

Les débats étaient modérés par Yanick Villedieu, journaliste scientifique et animateur de l’émission Les années lumière sur les ondes d’ICI Radio-Canada Première pendant 35 ans.

* Statistique Canada.

Conférence organisée en partenariat avec

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Les conférenciers

Thierry Bardini

Biographie

Thierry Bardini est professeur et directeur du Département de communication de l’Université de Montréal. Ingénieur agronome et docteur en sociologie, il se concentre, dès 1990, sur l’histoire et la sociologie de la cyberculture. Il effectue d’abord un travail de fond sur les origines de l’informatique personnelle en décrivant le devenir du laboratoire de Douglas Engelbart au Stanford Research Institute et la migration de ses idées et artéfacts (la souris, la proto-interface graphique, l’hypertexte) à Xerox PARC et Apple. Ce travail a donné la matière de son premier livre, Bootstrapping: Douglas Engelbart, Coevolution and the Origins of Personal Computing, paru en 2000 aux Presses de l’Université Stanford. À partir de 2001, il a prolongé cette analyse par une recherche sur la biologie moléculaire, en reconstruisant son histoire récente depuis son côté obscur, la partie «non codante» de l’ADN. Cette recherche est parue en 2011 aux Presses de l’Université du Minnesota sous le titre Junkware. Il conduit actuellement un programme de recherche financé par le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada intitulé Les bricolages biologiques et les tensions du libéralisme. Dans ses travaux sur le terrain – comme dans ceux des étudiants qu’il dirige aux cycles supérieurs –, il s’intéresse aux manipulations du vivant qui se déploie autant dans les sites de la science citoyenne que dans le cadre de pratiques artistiques (bioarts).

Résumé de sa conférence

«Stress et Internet: un phénomène équivoque»

Thierry Bardini décrira un ensemble de manifestations du stress associées aux usages d’Internet. Par-delà une pensée simpliste qui définit le stress de façon essentiellement négative, comme s’il s’agissait d’une maladie ou d’un syndrome, il montrera à l’aide d’une série d’illustrations tirées de la littérature scientifique (compulsion numérique, coût de la compassion, peur de rater le coche, ignorance des algorithmes et cyberchondrie) que nous avons en fait affaire à un phénomène complexe dont la signification sociale et culturelle ne peut se réduire à une caractérisation univoque.

Sonia Lupien

Biographie

Sonia Lupien est fondatrice et directrice du Centre d’études sur le stress humain, qui a pour mission d’éduquer le public quant aux effets du stress sur le cerveau et le corps en utilisant des données validées scientifiquement.

Professeure au Département de psychiatrie de l’UdeM, elle s’intéresse aux répercussions du stress au cours d’une vie et a mené des études chez les enfants, les jeunes adultes et les personnes âgées. Ses travaux ont démontré que les enfants sont vulnérables au stress et que certains sécrètent même des taux élevés d’hormones de stress dès l’âge de six ans. Les recherches qu’elle a réalisées auprès des jeunes adultes ont mis au jour les effets aigus et chroniques des hormones de stress sur la mémoire et la régulation des émotions. Enfin, son travail sur les populations âgées a permis de souligner l’influence du stress chronique sur le volume de l’hippocampe, une région active dans l’apprentissage et la mémoire.

Elle est l’auteure du livre Par amour du stress, ouvrage de vulgarisation scientifique destiné à faire connaître les résultats des études scientifiques sur le stress humain au grand public.

Résumé de sa conférence

«Sommes-nous de bons juges de notre stress?»

Vingt-six pour cent des Québécois disent vivre au quotidien «assez» ou «extrêmement» de stress. Sachant que les maladies associées au stress coûtent jusqu’à 14 milliards de dollars par année, il y a de quoi s’alarmer. Toutefois, la recherche scientifique montre qu’il existe de grandes différences entre le stress subjectif (celui qui est ressenti et rapporté par les gens) et le stress physiologique, déterminé par la production d’hormones de stress. Dans cette conférence, Sonia Lupien distinguera ces deux types de stress et illustrera comment nos propres préconceptions du stress peuvent augmenter ou diminuer notre réponse physiologique au stress.

Lourdes Rodriguez del Barrio

Biographie

Lourdes Rodriguez del Barrio est professeure à l’École de travail social de l’Université de Montréal et enseigne l’épistémologie des sciences humaines appliquées. Elle est directrice scientifique de la recherche sociale au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Nord-de-l’Île-de-Montréal, elle est à la tête de l’Équipe de recherche et d’action en santé mentale et culture et elle a fondé et dirigé l’Alliance internationale de recherche universités-communautés Santé mentale et citoyenneté.

Depuis une vingtaine d’années, ses recherches portent sur les effets des différentes formes de traitement et des conceptions en matière de santé mentale sur les trajectoires de vie des personnes, leurs récits et leurs manières d’être. Ses méthodes de recherche font une place centrale au partage des savoirs pluriels. Cette approche permet de dépasser la dichotomie entre les dimensions individuelles et les dimensions collectives des problèmes et des solutions possibles. Ses travaux posent aussi la question de l’accès à la protection et à l’exercice des droits, et celle de la citoyenneté des personnes marginalisées. Ces préoccupations se reflètent dans les programmes de recherche et d’innovation des pratiques qu’elle dirige. Elle a ainsi participé à l’élaboration et à l’évaluation d’une démarche novatrice dans les soins apportés aux patients atteints d’une maladie mentale, la Gestion autonome de la médication en santé mentale, reconnue par le gouvernement du Québec et par d’autres pays qui l’ont implantée dans leurs réseaux publics et communautaires en santé mentale.

Résumé de sa conférence

«Le stress: le dialogue entre les sciences pour penser les défis, dérives et limites dans les sociétés contemporaines»

Les mots portent une représentation du monde, ouvrent ou ferment les horizons des possibles. Le concept de stress a traversé les frontières entre les sciences et a permis de relier des phénomènes qui relevaient jusqu’alors d’univers disciplinaires et théoriques distincts. Il a établi un dialogue nécessaire. Plus largement, le mot stress circule à travers le langage courant dans la culture contemporaine. Il est un véritable «passeur» de sens. Dans des sociétés où l’impératif et l’accélération des transformations sont la norme, le concept de stress invite à poser la question des limites.

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Migrations et personnes réfugiées : quels défis, quels enjeux?

  • Mercredi 9 mai 2017, de 18 h à 20 h
  • Amphithéâtre Ernest-Cormier (K500) du Pavillon Roger-Gaudry – 2900, boulevard Édouard-Montpetit

Dans son rapport annuel publié en juin 2016, le Haut-Commissariat aux réfugiés annonçait que le nombre de déplacés et réfugiés ayant fui conflits et persécutions dans le monde avait atteint, en 2015, le niveau record de 65,3 millions de personnes.
Qui sont ces personnes déplacées? Pourquoi émigrent-elles? Comment faire face aux crises humanitaires successives qui secouent le monde depuis des dizaines d’années? Quels sont les défis et les enjeux des populations déplacées? Et ceux des pays d’accueil et des organisations non gouvernementales telles que Médecins sans frontières?

Joanne Liu, présidente internationale de Médecins sans frontières, et Saskia Sassen, professeure Robert S. Lynd de sociologie à l’Université Columbia, seront les invitées de la 3e Conférence de la montagne. Afin de mieux comprendre ce sujet fortement ancré dans l’actualité, elles feront part de leurs analyses et dialogueront avec le public.

Les débats seront modérés par Christian Nadeau, professeur au Département de philosophie de l’Université de Montréal.

L’ensemble de la conférence sera prononcé en français à l’exception de l’allocution de Mme Sassen qui sera faite en anglais.

Conférence organisée en partenariat avec le CERIUM et le canal SAVOIR.

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Les conférencières

Joanne Liu

Biographie

Professeure au Département de pédiatrie de la Faculté de médecine de l’Université de Montréal, son alma mater, Joanne Liu est également diplômée de la Faculté de médecine de l’Université McGill. Titulaire d’une maîtrise internationale en leadership en santé, elle travaille pour Médecins sans frontières (MSF) depuis plus de 20 ans et a été élue présidente internationale de l’organisme en 2013. Spécialisée en médecine pédiatrique au CHU Sainte-Justine, la Dre Liu est intervenue pour MSF auprès des réfugiés maliens en Mauritanie et des victimes de la guerre en Syrie.

En 2014, elle a dirigé une campagne sollicitant l’aide de la communauté internationale lors de l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest. Elle a en outre contribué à la création d’un programme de soins médicaux destinés aux survivants de violences sexuelles en République démocratique du Congo. En 2015, le Time l’a nommée parmi les 100 personnes les plus influentes du monde.

Ardente défenseuse du travail de terrain accompli par MSF, la Dre Liu œuvre pour la promotion de soins de qualité orientés vers les patients et cherche à attirer l’attention à ce sujet sur la scène de la santé mondiale. Elle a reçu de nombreuses distinctions, dont le prix Teasdale-Corti d’action humanitaire, du Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada, en 2013 ainsi que le titre d’officière de l’Ordre national du Québec.

Saskia Sassen

Biographie

Saskia Sassen est professeure Robert S. Lynd de sociologie à l’Université Columbia et membre de son comité sur la pensée globale, dont elle a assumé la présidence jusqu’en 2015. Tout au long de ses 30 années de recherche, elle a entrepris chacune de ses études avec un postulat de départ inattendu et contre-intuitif dans le but de remettre en cause la vérité établie. Ses travaux se concentrent entre autres sur l’immigration, la mondialisation, les inégalités et les genres.

Elle est l’auteure de 8 livres, traduits en 20 langues, et de plus de 100 articles universitaires publiés dans des revues spécialisées. On trouve également ses écrits dans de nombreuses publications grand public, telles que The Guardian, Le Monde, The New York Times, Die Zeit, La Vanguardia ainsi que sur opendemocracy.net et le Huffington Post. Son dernier livre, Expulsion: brutalité et complexité dans l’économie globale, paru en 2014, traite des expulsions subies dans le contexte de crises financières ou encore de rachats de terres agricoles par les États.

Mme Sassen est née aux Pays-Bas, a grandi en Argentine et en Italie, et a étudié en France. Elle a amorcé sa vie professionnelle aux États-Unis. Polyglotte accomplie, elle maîtrise parfaitement le français, l’anglais, l’espagnol, l’italien et parle également le néerlandais et l’allemand en plus d’avoir étudié le russe et le japonais. Elle a été faite chevalière de l’Ordre des arts et des lettres par le gouvernement français et fait partie de la Royal Netherlands Academy of Arts and Sciences.

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La révolution de l’intelligence artificielle

  • Mercredi 21 septembre 2016, de 18 h à 20 h
  • Amphithéâtre Ernest-Cormier (K500) du Pavillon Roger-Gaudry – 2900, boulevard Édouard-Montpetit

Une révolution est en cours.

Grâce notamment au deep learning, ou apprentissage profond, et à l’émergence du big data, les avancées dans le domaine de l’intelligence artificielle connaissent un grand bond. Les progrès réalisés sont tels que certains n’hésitent pas à parler de l’avènement prochain d’une quatrième révolution industrielle, faîte d’intelligence artificielle, de robotique et de nanotechnologies. De la santé aux transports en passant par la bio-informatique, la banque ou l’assurance, de nombreux secteurs sont touchés.

Mais où en sommes-nous réellement dans le développement de l’intelligence artificielle? Comment le deep learning la révolutionne-t-il? Quel rôle Montréal et ses universités peuvent-elles jouer pour accélérer le développement des recherches dans ce domaine? Dans quelle mesure l’intelligence artificielle peut-elle changer nos vies?

Lors de cette seconde Conférence de la montagne, Yoshua Bengio, Yann LeCun et Joëlle Pineau, trois sommités internationales de la recherche en intelligence artificielle, nous aideront à mieux comprendre les avancées et les différentes facettes de cette technologie fascinante.

Cette soirée était animée par Vincent Gautrais, professeur à la Faculté de droit de l’Université de Montréal, titulaire de la Chaire L.R. Wilson sur le droit des technologies de l’information et du commerce électronique.

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Les conférenciers

Yoshua Bengio

Yoshua Bengio

Biographie

Yoshua Bengio est professeur titulaire au Département d’informatique et recherche opérationnelle de l’Université de Montréal, directeur de l’institut de Montréal des algorithmes d’apprentissage (MILA) et titulaire de la chaire de recherche du Canada en algorithmes d’apprentissage statistique.

Son ambition est de comprendre les mécanismes mathématiques et computationnels qui permettent à l’intelligence d’éclore. À travers ses travaux de recherche sur les algorithmes d’apprentissage, Yoshua Bengio et son équipe tentent d’offrir aux ordinateurs la capacité de capter des connaissances opérationnelles à partir d’exemples. Une machine qui aurait appris de telles connaissances pourrait ainsi faire des prédictions ou des classifications correctes sur de nouveaux cas et généraliser à de nouvelles situations.

M. Bengio ambitionne ainsi de rendre possible la construction de machines plus intelligentes, capables de comprendre le monde qui nous entoure, de prendre des décisions en conséquence et de rendre ainsi service à la société.

Titulaire d’un doctorat en informatique de l’Université McGill, Yoshua Bengio est également codirecteur du programme Apprentissage automatique, apprentissage biologique de l’Institut canadien de recherches avancées. Il est également éditeur pour le Journal of Machine Learning Research et éditeur associé pour les revues Neural Computation et Foundations and Trends in Machine Learning.

Yann LeCun

Yann LeCun

Biographie

Professeur à l’Université de New York, où il est affilié au Courant Institute of Mathematical Sciences, de même qu’au Center for Data Science, Yann Le Cun est diplômé de l’ESIEE Paris, école supérieure d’ingénieurs, en électronique et électrotechnique, et de l’Université Pierre et Marie Curie. En 1987, il rejoint l’Université de Toronto et, l’année suivante, les laboratoires AT & T, pour lesquels il développe des méthodes d’apprentissage supervisé.

En 2013, il est recruté par le fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg, afin de créer et diriger FAIR, Facebook Artificial Intelligence Research, le centre de recherche en intelligence artificielle du géant du Web. Il dirige ainsi une cinquantaine de personnes réparties entre New York, Menlo Park en Californie et Paris.

Les recherches de Yann LeCun portent principalement sur l’intelligence artificielle, l’apprentissage machine, la vision artificielle et la robotique. Il est l’un des chefs de file de l’apprentissage profond (deep learning).

L’une des techniques développées par M. LeCun, le réseau de neurones convolutifs, est utilisée par toutes les grandes sociétés pour la reconnaissance d’images et de la parole et pour l’assistance à la conduite des voitures.

Yann LeCun a publié près de 200 articles et a reçu le Neural Network Pioneer Award ainsi que le PAMI Distinguished Researcher Award de l’Institute of Electrical and Electronics Engineers. Pour l’année 2015-2016, il a été nommé titulaire de la chaire annuelle « Informatique et sciences numériques » au Collège de France.

Joelle Pineau

Joëlle Pineau

Biographie

Joëlle Pineau est professeure agrégée et boursière William Dawson à l’École d’informatique de l’Université McGill, où elle codirige le Reasoning and Learning Lab, et est membre du Centre for Intelligent Machines. Elle est titulaire d’un baccalauréat en ingénierie de l’Université de Waterloo, ainsi que d’une maîtrise et d’un doctorat en robotique de l’Université Carnegie Mellon.

Ses recherches portent principalement sur le développement et l’analyse d’algorithmes d’apprentissage automatique et de prise de décision, avec application de ces techniques en robotique mobile et dans les systèmes médicaux intelligents. Elle a notamment travaillé à la conception d’un fauteuil roulant intelligent, détectant les obstacles et pouvant naviguer de manière autonome sur certains terrains, destiné aux personnes qui, en raison de leur dextérité restreinte ou de leur vision limitée, ne peuvent utiliser les commandes habituelles.

Joëlle Pineau a également développé une expertise inégalée en matière d’application de techniques d’apprentissage par renforcement pour l’optimisation du traitement de maladies chroniques.

Mme Pineau a siégé au comité de programme de nombreuses conférences internationales de premier plan en robotique et en machine learning. Boursière principale du programme « Apprentissage automatique, apprentissage biologique » de l’Institut canadien de recherches avancées, elle a été récemment élue présidente de la International Machine Learning Society.

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Les défis de la démocratie

  • Jeudi 19 novembre 2015, de 18 h à 20 h
  • Amphithéâtre Ernest-Cormier (K500) du Pavillon Roger-Gaudry – 2900, boulevard Édouard-Montpetit

democratie_257-300Si la démocratie est une forme de gouvernement déjà ancienne, c’est encore un jeune régime. La démocratie évoque parfois l’image antique d’Athènes où le peuple se gouverne lui-même, mais c’est à un tout autre régime que l’on pense aujourd’hui : un régime de représentation parlementaire avec des moments de sacralité – les élections – et des chefs qui gouvernent et concentrent un pouvoir de décision et d’action plus étendu que jamais. La vie démocratique réduirait-elle alors à mettre un bulletin de vote dans l’urne une fois tous les deux, quatre ou cinq ans ? Et la démocratie ne serait-elle que le gouvernement d’un seul légitimé par le vote d’une majorité ?

Ancienne et moderne, la démocratie gagne les esprits sur de nouveaux territoires, mais bien qu’elle soit encore en expansion et inspire des mouvements d’émancipation politique, elle fait l’objet de vives contestations à l’intérieur des sociétés où elle est établie depuis plus longtemps. C’est la question de l’égalité et de la justice sociale qui anime la démocratie contre elle-même ; c’est la question du marché et du financement public qui la fait trembler. Comment réguler des formes d’échanges économiques qui paraissent corrompre les institutions et les mœurs démocratiques ?

La démocratie est une évidence pour ceux qui défendent la liberté de conscience et la tolérance mais elle suscite toujours d’incessants débats quant aux projets de vie que les citoyens peuvent poursuivre en commun. Ce sont même les aspirations morales collectives qui semblent cesser d’y être possibles, que l’on pense aux grands projets de société ou aux formes de vie qui reposent sur une spiritualité partagée. Faut-il alors se résoudre à voir les sociétés démocratiques sécularisées se vider de leur substance morale ?

Comment affronter et relever ces défis de la démocratie contemporaine ? Deux éminents théoriciens politiques, deux penseurs pénétrants de notre temps, Michael Sandel et Charles Taylor ont repris, à ses racines historiques, la réflexion sur la démocratie comme manière de gouverner, comme organisation sociale et économique et comme projet de société.

Compte-rendu de la conférence (article UdeMNouvelles)

Cette conférence était animée par Daniel Weinstock, professeur à l’Université McGill.

Cette rencontre était organisée avec le soutien de la Chaire de recherche du Canada en éthique publique et théorie politique, détenue par Marc-Antoine Dilhac, professeur au Département de philosophie de l’Université de Montréal.

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Les conférenciers

Michael J. Sandel

Biographie

Michael Sandel est professeur en science politique à Harvard où il enseigne la philosophie politique depuis 1980. Dès 1982, il se fait connaître à l’échelle internationale en faisant paraître l’un des ouvrages critiques de la pensée libérale les plus importants : Liberalism and the Limits of Justice. Avec ce livre, il pose l’un des piliers de ce qu’on appellera par commodité la conception communautarienne, à laquelle on associe aussi Charles Taylor. Il poursuit ce projet avec Democracy’s Discontent (1996) et propose une lecture de l’histoire constitutionnelle américaine qui offre une alternative à la vision procédurale et libérale de la vie politique américaine.

À partir de 2004, Michael Sandel s’intéresse à des questions de société comme celle de l’amélioration humaine avec les problèmes de l’ingénierie génétique et du dopage sportif. Il publie ainsi en 2007, The Case against Perfection. Loin de changer d’objet de recherche, avec ce livre, il approfondit au contraire sa critique d’une conception libérale qui menace paradoxalement le contrôle des individus sur leur vie en leur donnant le pouvoir de se débarrasser de ce qui fait pourtant le sens des réalisations humaines : l’effort. Mais au-delà de l’effort, ce sont les formes de solidarité sociale que l’amélioration humaine corrompt. Ce thème qui était déjà présent dans ces premiers textes se trouve au cœur de son dernier livre : What Money Can’t Buy: The Moral Limits of Markets (2012), qui fait suite au Tanner Lectures on Human Values données à Oxford en 1998.

Les contributions de Michael Sandel ont touché des millions de personnes non seulement à travers les nombreuses traductions de ses ouvrages (27 langues) mais aussi avec son cours « Justice » qui est disponible gratuitement sur internet et a été retransmis à la télévision. Toujours soucieux de rendre accessible et efficace la philosophie politique, il s’adresse aussi bien au grand public, notamment avec la série radiophonique de la BBC « The Public Philosopher »,  qu’aux décideurs politiques ; il siège entre 2002 et 2005 au conseil du President’s Council on Bioethics.

Charles Taylor

Biographie

Charles Taylor est professeur émérite de science politique et de philosophie à l’Université McGill où il a enseigné sans interruption de 1982 jusqu’à sa retraite, après avoir été professeur à Oxford de 1976 à 1982. Sa carrière, qui commence au département de science politique de McGill en 1961, allie l’engagement intellectuel et politique. À cette époque, alors qu’il est vice-président du NPD au fédéral et président de cette formation au Québec, il fera campagne contre le Parti Libéral et échouera en 1965 dans l’élection qui l’oppose au futur Premier Ministre du Canada, Pierre-Eliott Trudeau.

Cet engagement politique de haut niveau ne freine pas la production philosophique de Charles Taylor qui se concrétise par la parution de Explanation of Behaviour en 1964. Il développe sa réflexion sur les méthodes en sciences sociales et s’intéresse en particulier au problème de ce qui fait qu’un individu est un agent moral. Il publie en 1975 une somme sur le philosophe de Iéna, Hegel, suivi en 1979 de Hegel and Modern Society, deux ouvrages qui amorcent sa réflexion sur une politique de la reconnaissance.

Mais c’est avec la publication de Sources of the Self : The Making of the Modern Identity (Les sources du Moi. La formation de l’identité moderne) en 1989, que Charles Taylor s’impose comme un penseur qui fait l’histoire de la philosophie plus qu’il ne l’étudie. Cette œuvre dont on ne cesse de mesurer l’importance réfléchit le vaste regard que son auteur porte sur l’histoire de l’homme moderne, sa culture et son identité. Il s’agit de retrouver la question de la définition de la vie bonne que la philosophie morale et politique avait cherché à occulter.

L’originalité de la contribution à la théorie du multiculturalisme de Charles Taylor ne peut s’apprécier qu’à partir de cette réflexion sur l’identité qui rend possible le dialogue interculturel et l’élaboration d’un horizon de sens commun. Le philosophe montréalais approfondit les implications politiques de cette conception pluraliste de la vie démocratique dans  Multiculturalism and The Politics of Recognition en 1992, et défend la pratique politique et juridique des accommodements raisonnables qui connaîtra une crise majeure au Québec dans la première décennie du XXIe siècle. Toujours impliqué dans la vie politique de la Belle Province à laquelle il reste attaché, il co-préside la Commission de consultation sur les pratiques d’accommodement reliées aux différences culturelles, dite commission Bouchard-Taylor, qui définit les contours de la politique québécoise de tolérance multiculturelle.

L’ampleur de sa contribution aux humanités est saluée par de nombreuses distinctions et prix. Il est nommé Grand officier de L’Ordre national du Québec en 2000, et reçoit entre autres le Prix Templeton (Etats-Unis, 2007) pour sa contribution au progrès de la recherche sur les spiritualités, le prix de Kyoto (Japon, 2008) et récemment le très prestigieux prix Kluge de la Library of Congress (Etats-Unis, 2015), prix qu’il partage avec le philosophe allemand, Jürgen Habermas.

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